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Calcul de la retraite : comment calculer sa pension en France

Guide retraiteMis à jour le Lecture 10 minChiffres 2026

L'essentiel

  1. Régime général : Pension = SAM × Taux × (trimestres validés au régime général / trimestres requis) ; le taux plein = 50 % (trimestres ou 67 ans).
  2. Agirc-Arrco : pension = points acquis × valeur du point (1,459 € à partir du 1er novembre 2026, après une hausse de 1,4 %), une part d'autant plus importante de la pension totale que le salaire dépasse le PASS (cadres).
  3. Votre budget retraite = pension estimée + épargne à constituer ; le simulateur donne l'ordre de grandeur.
Estimer ma pension + mon capital →

La pension de retraite est souvent perçue comme une boîte noire : on cotise pendant des décennies, puis on reçoit un montant mensuel dont on ne comprend pas toujours l'origine. Pourtant, le calcul repose sur une formule précise, encadrée par la loi. Comprendre cette formule permet de mieux anticiper ses revenus futurs, d'identifier les leviers d'optimisation et d'éviter les mauvaises surprises au moment du départ.

Cet article détaille le calcul de la pension du régime général (salarié du privé), la retraite complémentaire Agirc-Arrco, et propose un exemple chiffré complet pour illustrer le tout concrètement.

Calculer sa retraite en 5 étapes

Pour un salarié du privé, le calcul de la retraite se fait en cinq étapes. Les sections suivantes détaillent chacune d'elles, avec un exemple chiffré.

  1. Compter ses trimestres. Votre relevé de carrière, sur info-retraite.fr, indique les trimestres validés (cotisés et assimilés), hors majorations pour enfant, qui n'y figurent pas toujours. Comparez-les à la durée requise pour votre génération : 172 trimestres à partir de la génération 1966. Voir aussi notre guide des trimestres.
  2. Estimer son salaire annuel moyen (SAM). C'est la moyenne de vos 25 meilleures années de salaire brut, plafonnées chacune au PASS de l'année concernée (48 060 € en 2026), puis revalorisées. Pour les retraites qui prennent effet depuis le 1er septembre 2026, les parents qui ont des trimestres de majoration pour enfant retiennent 24 années (un enfant) ou 23 (deux enfants ou plus).
  3. Déterminer son taux. Le taux plein est de 50 %. S'il vous manque des trimestres avant 67 ans, une décote de 0,625 point s'applique par trimestre manquant, en retenant le plus petit des deux écarts (trimestres manquants, ou trimestres jusqu'à 67 ans), dans la limite de 20 trimestres.
  4. Calculer la pension de base. Pension annuelle brute = SAM × taux × (trimestres au régime général ÷ trimestres requis). Elle ne peut pas dépasser 2 002,50 € brut par mois en 2026, hors surcote.
  5. Ajouter la complémentaire Agirc-Arrco, puis passer en net. Pension complémentaire = points acquis × valeur du point, minorée d'un coefficient d'anticipation (jusqu'à 0,78) si vous partez sans le taux plein. Retirez ensuite la CSG, la CRDS et la Casa (de 0 à 9,1 % selon votre revenu fiscal), plus, le cas échéant, 1 % de cotisation maladie sur la complémentaire. Le simulateur retraite fait ces cinq étapes pour vous.

La formule de base du régime général

La pension annuelle brute du régime général est calculée à partir de trois éléments combinés dans une formule unique :

Pension annuelle = SAM × Taux × (Durée d'assurance au régime général / Durée requise)

Le SAM (Salaire Annuel Moyen) correspond à la moyenne des 25 meilleures années de salaire brut, chaque année étant plafonnée au Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS). Le taux maximal, dit « taux plein », est de 50 %. Il est atteint lorsque l'assuré justifie de la durée d'assurance requise ou qu'il atteint l'âge d'annulation de la décote (67 ans). Enfin, la durée correspond au rapport entre le nombre de trimestres validés au régime général (cotisés et assimilés) et le nombre de trimestres requis pour sa génération.

Pour les personnes nées à partir de 1966, la durée requise est de 172 trimestres, soit 43 ans ; depuis la suspension de la réforme (LFSS 2026), elle est de 170 trimestres pour la génération 1964 et de 170 ou 171 pour 1965. Si la durée d'assurance est inférieure à la durée requise, la pension est proportionnellement réduite. C'est ce qu'on appelle la proratisation. Par exemple, avec 160 trimestres validés sur 172 requis, la pension sera multipliée par 160/172, soit environ 93 % du montant à taux plein.

À cette proratisation peut s'ajouter une décote si l'assuré part avant d'avoir le taux plein : chaque trimestre manquant réduit le taux de 0,625 point (soit 1,25 % par trimestre). À l'inverse, chaque trimestre cotisé au-delà de l'âge légal et de la durée requise donne droit à une surcote de 1,25 %.


Le salaire annuel moyen (SAM)

Le SAM est la pierre angulaire du calcul. Il correspond à la moyenne arithmétique des 25 meilleures années de revenus bruts soumis à cotisation, chaque année étant plafonnée au PASS de l'année concernée. En 2026, le PASS est de 48 060 € par an. Cela signifie que même si votre salaire brut annuel dépasse ce plafond, seul le montant jusqu'au PASS est pris en compte pour le calcul de la pension de base.

Les salaires des années passées ne sont pas retenus à leur valeur nominale : ils sont revalorisés à l'aide de coefficients publiés chaque année par la Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse (CNAV). Ces coefficients suivent l'évolution des prix à la consommation hors tabac : ils neutralisent l'inflation, mais pas la hausse générale des salaires. Concrètement, un salaire perçu en 1995 sera multiplié par un coefficient supérieur à 1 avant d'être intégré dans la moyenne.

Si votre carrière compte moins de 25 années de cotisation, toutes les années validées sont retenues. C'est souvent le cas pour les carrières courtes, les personnes ayant travaillé longtemps à l'étranger, ou celles qui ont commencé à cotiser tardivement. Dans ce cas, le SAM reflète l'intégralité des revenus disponibles.

Changement pour les parents : la LFSS 2026 et le décret n° 2026-699 du 29 juillet 2026 réduisent le nombre d'années retenues pour ceux qui ont obtenu des trimestres de majoration pour enfant. Le SAM est calculé sur les 24 meilleures années avec un enfant et sur les 23 meilleures avec deux enfants ou plus, pour les retraites qui prennent effet depuis le 1er septembre 2026. L'Assurance retraite appliquera ce calcul courant 2027 et recalculera rétroactivement les pensions déjà versées.

Un point essentiel à retenir : les revenus au-delà du PASS n'améliorent pas la pension du régime général. C'est précisément pour cette raison que la retraite complémentaire Agirc-Arrco est cruciale pour les salariés dont la rémunération dépasse le plafond, car elle prend en compte les revenus au-delà du PASS.


La retraite complémentaire Agirc-Arrco

En France, la pension de base du régime général ne constitue qu'une partie du revenu à la retraite. Pour les salariés du secteur privé, la retraite complémentaire Agirc-Arrco vient s'y ajouter obligatoirement. Elle fonctionne sur un système par points, fondamentalement différent du calcul du régime de base.

Chaque année, les cotisations versées par le salarié et l'employeur sont converties en points de retraite. Le nombre de points acquis dépend du montant des cotisations et du prix d'achat du point (appelé « salaire de référence »), fixé annuellement. Au moment du départ en retraite, le total des points accumulés durant toute la carrière est multiplié par la valeur de service du point, fixée à 1,459 € à partir du 1er novembre 2026 (+1,4 %, après deux ans à 1,4386 €).

La complémentaire Agirc-Arrco représente une part importante de la pension totale, d'autant plus élevée que le salaire dépasse le PASS, ce qui concerne surtout les cadres et les salariés à revenus élevés. C'est un pilier essentiel qu'il ne faut pas négliger dans les projections.

Le coefficient de solidarité, ce malus de 10 % pendant trois ans appliqué depuis 2019 à ceux qui partaient dès le taux plein, a été supprimé : il ne s'applique plus aux retraites qui prennent effet depuis le 1er décembre 2023, et il a cessé pour tous les retraités au 1er avril 2024. Si un simulateur ou un article vous l'annonce encore, il est périmé.


Exemple complet chiffré

Prenons le cas de Marie, née en 1970, qui a travaillé comme salariée du secteur privé de 25 à 64 ans, soit 39 années de carrière (156 trimestres cotisés). Son salaire annuel moyen revalorisé sur ses 25 meilleures années (SAM) est de 36 000 €, inférieur au PASS, donc intégralement pris en compte dans le SAM.

Pension de base :

  • SAM = 36 000 €
  • Durée cotisée = 156 trimestres
  • Durée requise = 172 trimestres (génération 1970)

Marie n'a pas la durée requise : il lui manque 16 trimestres. À 64 ans (son âge légal), elle peut liquider sa retraite, mais le taux n'est pas automatiquement "plein" : une décote peut s'appliquer tant que la durée requise n'est pas atteinte (sauf départ à 67 ans).

Pour illustrer l'ordre de grandeur, la décote est de 0,625 point par trimestre manquant, en retenant le plus petit des deux écarts : 16 trimestres par rapport à la durée requise, ou 12 trimestres par rapport à ses 67 ans. Avec 12 trimestres (→ 7,5 points), le taux passe de 50 % à 42,5 %. La pension de base annuelle serait alors approximativement :

36 000 × 0,425 × (156 / 172) ≈ 13 877 € / an, soit environ 1 156 € / mois

Dans la vraie vie, le calcul exact dépend de votre relevé, de votre régime, et de la manière dont les trimestres "manquants" sont comptés. L'objectif ici est de comprendre les leviers : durée + taux + SAM.

Pension complémentaire Agirc-Arrco : avec un salaire de 36 000 €/an et 39 ans de cotisation, Marie a accumulé environ 4 300 points (36 000 × 6,20 % ÷ 20,1877 € ≈ 110 points par an, sur 39 ans, aux paramètres 2026). Sa pension complémentaire annuelle serait d'environ 4 300 × 1,459 ≈ 6 272 €/an, soit ~523 €/mois avant minoration. Comme elle part sans le taux plein, un coefficient d'anticipation de 0,88 s'applique (12 trimestres manquants) : ~460 €/mois.

Pension totale (ordre de grandeur) : ~1 156 + ~460 ≈ 1 616 € brut par mois. Le net dépend notamment des prélèvements sociaux applicables à votre situation.

Si Marie avait cotisé 172 trimestres (43 ans complets), sa pension de base aurait été de 36 000 × 0,5 × 1 = 18 000 €/an, soit 1 500 €/mois. Ces 4 années supplémentaires auraient également gonflé sa complémentaire. Chaque année compte.


Limites et cas particuliers

Le système prévoit plusieurs garde-fous et cas particuliers qu'il convient de connaître :

  • Minimum contributif : si vous avez cotisé sur de faibles salaires et remplissez les conditions, votre pension de base peut être augmentée jusqu'à un plancher. En 2026, le minimum contributif est de 756,29 € brut/mois (et jusqu'à 903,93 € brut/mois en version majorée, selon les trimestres cotisés).
  • Maximum de la pension de base : la pension du régime général est plafonnée à 50 % du PASS de l'année du départ (hors surcote). En 2026, cela représente 2 002,50 € brut par mois pour la seule part de base.
  • Pension de réversion : en cas de décès d'un assuré, le conjoint survivant peut percevoir 54 % de la pension de base du défunt, sous conditions de ressources. Pour la complémentaire Agirc-Arrco, le taux est de 60 %, sans condition de ressources.
  • Carrières multi-régimes : si vous avez été salarié puis indépendant, fonctionnaire puis salarié, chaque régime calcule sa part séparément. La coordination inter-régimes peut créer des situations complexes : un bilan retraite personnalisé est alors recommandé.

D'autres situations particulières existent : majoration pour enfants (10 % à partir de 3 enfants ; le projet de budget pour 2027 propose de la remplacer par un montant forfaitaire, le même pour les pères et les mères, pour les retraites qui commencent à partir du 1er juillet 2027), trimestres gratuits pour maternité, chômage ou maladie, rachat de trimestres d'études supérieures. Chacun de ces éléments peut modifier significativement le montant final de la pension.


Le calcul appliqué à votre salaire

Nous avons appliqué ce calcul à plusieurs niveaux de salaire, avec la pension de base, la complémentaire et le net estimés pour chacun :


Estimez votre pension avec le simulateur

Les formules présentées ci-dessus vous donnent les clés de compréhension du calcul. Mais chaque situation est unique : votre parcours professionnel, votre salaire, votre année de naissance et vos choix de départ produisent un résultat qui vous est propre.

Pour obtenir une estimation personnalisée en quelques minutes, utilisez notre simulateur gratuit. Il intègre une estimation du régime général et de la complémentaire Agirc-Arrco pour vous fournir une projection indicative de vos revenus à la retraite.

Questions fréquentes

Le "taux plein" est-il automatique à 64 ans ?

Non. 64 ans est l'âge légal pour certaines générations, mais le taux plein dépend aussi des trimestres requis. À 67 ans, la décote est annulée (taux plein par l'âge).

SAM : pourquoi parle-t-on des 25 meilleures années ?

Pour les salariés du privé (régime général), la pension de base s'appuie sur la moyenne des 25 meilleures années revalorisées, plafonnées au PASS de chaque année.

Agirc-Arrco : comment convertir des points en pension ?

Au moment de la retraite, vous multipliez le total de points acquis par la valeur de service du point (1,4587 € à partir du 1er novembre 2026, après une hausse de 1,4 % décidée le 14 octobre 2026).

Décote vs proratisation : quelle différence ?

La proratisation réduit la pension si vous n'avez pas la durée requise (ratio durée/durée requise). La décote réduit le taux (par trimestre manquant) si vous n'avez pas le taux plein.