PEA pour préparer sa retraite : fonctionnement, fiscalité et ETF
L'essentiel
- Plafond de versements : 150 000 € sur un PEA, 225 000 € au total avec un PEA-PME-ETI, 20 000 € pour un jeune majeur rattaché au foyer de ses parents.
- Après 5 ans, les gains retirés sont exonérés d'impôt sur le revenu. Restent les prélèvements sociaux : 18,6 % sur les gains perçus en 2026.
- Avant 5 ans, un retrait clôture en principe le plan et le gain est taxé à 31,4 % (12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux).
- Exemple : 300 €/mois pendant 25 ans à 5 % par an (hypothèse) donnent environ 175 700 €, dont 85 700 € de gains ; l'impôt à la sortie est d'environ 15 900 €, contre 26 900 € sur un compte-titres ordinaire.
Pour un épargnant de 30 à 45 ans, le plan d'épargne en actions (PEA) peut servir d'enveloppe retraite : l'argent n'y est pas bloqué jusqu'à la retraite, et après 5 ans les gains sortent sans impôt sur le revenu. La contrepartie : pas de déduction fiscale à l'entrée, un capital non garanti et des placements limités aux actions de l'Union européenne et de l'Espace économique européen, en direct ou via des fonds.
Qui peut ouvrir un PEA, et jusqu'à quel montant ?
Il faut être majeur et fiscalement domicilié en France. Il n'y a pas de condition de nationalité. Le PEA est personnel : pas de compte joint, et un seul PEA classique par personne, qu'il soit ouvert dans une banque ou chez un assureur. Dans un couple marié ou pacsé, chacun peut ouvrir le sien. La date d'ouverture, qui fait courir le délai de 5 ans, est celle du premier versement.
- PEA classique : 150 000 € de versements au maximum. Les gains ne comptent pas dans ce plafond : un PEA peut valoir bien plus que 150 000 €.
- PEA-PME-ETI : réservé aux titres de PME et d'entreprises de taille intermédiaire. Plafond de 225 000 €, qui englobe aussi les versements sur le PEA classique. Si vous avez versé 150 000 € sur votre PEA, il vous reste 75 000 € pour le PEA-PME-ETI.
- PEA « jeune » : un majeur rattaché au foyer fiscal de ses parents peut ouvrir un PEA limité à 20 000 € de versements tant que dure le rattachement. Ensuite, le plan devient un PEA classique et le plafond passe à 150 000 €. Un jeune rattaché ne peut pas détenir de PEA-PME-ETI.
Que peut-on mettre dans un PEA ? Actions et ETF éligibles
Le PEA accueille des actions de sociétés qui ont leur siège dans l'Union européenne ou dans un État de l'Espace économique européen, et des placements collectifs (fonds, Sicav, ETF) investis à plus de 75 % en actions de ces sociétés. Les obligations, les parts de SCI et les bons de souscription d'actions en sont exclus.
Pour une épargne retraite, la solution la plus simple consiste à acheter chaque mois un ou deux ETF actions éligibles : diversification sur de nombreuses sociétés, aucun titre à sélectionner soi-même. Ne vous fiez pas au nom du fonds ni à l'indice qu'il suit : vérifiez la mention d'éligibilité au PEA dans son descriptif ou son document d'informations clés.
Le PEA ne garantit pas le capital. Vous pouvez perdre une partie de l'argent investi si les marchés baissent au moment où vous voulez retirer. D'où l'intérêt de commencer tôt et de sécuriser progressivement une partie de l'épargne à l'approche de la retraite.
Retraits avant et après 5 ans : les règles depuis la loi Pacte
Avant 5 ans, tout retrait, même partiel, entraîne en principe la clôture du plan. Le gain net (valeur du plan moins total des versements) est imposé à 12,8 %, ou au barème sur option, plus les prélèvements sociaux. Le plan n'est pas clôturé en cas de licenciement, d'invalidité (2e ou 3e catégorie) ou de mise à la retraite anticipée du titulaire ou de son conjoint ou partenaire de Pacs, de retrait des titres d'une société en liquidation, ou de retrait réinvesti dans les 3 mois dans la création ou la reprise d'une entreprise. Dans ce dernier cas, le plan continue de fonctionner, mais aucun nouveau versement n'est plus possible.
Après 5 ans, un retrait partiel ne ferme plus le plan, et vous pouvez continuer à verser dans la limite du plafond. Avant la loi Pacte, un retrait entre 5 et 8 ans clôturait le PEA, et un retrait après 8 ans bloquait ensuite les nouveaux versements. Ces deux contraintes ont été supprimées. Après 5 ans, le plan n'est clôturé que par un retrait total, la conversion du capital en rente viagère, le décès du titulaire ou le non-respect des règles de fonctionnement (un dépassement du plafond, par exemple).
Fiscalité : impôt sur le revenu et prélèvements sociaux en 2026
Tant que l'argent reste dans le plan, les dividendes et plus-values réinvestis ne sont ni imposés ni soumis aux prélèvements sociaux. La fiscalité ne s'applique qu'au retrait, et seulement sur les gains, jamais sur les sommes versées.
- Retrait après 5 ans : gains exonérés d'impôt sur le revenu, prélèvements sociaux de 18,6 % (CSG 10,6 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %) sur les revenus de placement perçus en 2026.
- Retrait avant 5 ans : 12,8 % d'impôt plus 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % du gain.
Des taux de CSG particuliers peuvent encore s'appliquer à des gains ou versements antérieurs à 2018 sur un PEA ancien. Pour un plan ouvert aujourd'hui, retenez 18,6 %, un taux qui peut encore évoluer d'ici votre retraite. À titre de comparaison, les gains d'assurance-vie restent à 17,2 % en 2026.
Exemple chiffré : 300 € par mois pendant 25 ans
Prenons Julie, 38 ans, qui verse 300 € par mois sur un PEA jusqu'à 63 ans, soit 25 ans et 300 versements. Hypothèses : un rendement de 5 % par an net de frais, constant, capitalisé chaque mois ; des prélèvements sociaux maintenus à 18,6 % ; une sortie en une seule fois à 63 ans. Ce rendement n'est pas garanti et sert uniquement au calcul.
- Total versé : 300 € × 300 mois = 90 000 €, sous le plafond de 150 000 €.
- Valeur du PEA à 63 ans : environ 175 720 €.
- Gain : 175 720 − 90 000 = 85 720 €.
- Impôt sur le revenu : 0 € (plan de plus de 5 ans).
- Prélèvements sociaux : 85 720 × 18,6 % = 15 944 €.
- Capital net : environ 159 776 €, soit une ponction de 9,1 % de la valeur du plan.
Avec les mêmes placements et le même rendement sur un compte-titres ordinaire, le gain supporterait 31,4 %, soit 26 916 € : il resterait 148 804 €, environ 11 000 € de moins. Sur une assurance-vie de plus de 8 ans, au même rendement, une personne seule paierait 17,2 % de prélèvements sociaux (14 744 €) et 7,5 % d'impôt sur le gain diminué de l'abattement de 4 600 € (6 084 €), soit 20 828 € au total et 154 892 € nets.
Si Julie avait tout retiré après 4 ans, avec le même rendement, son plan aurait valu environ 15 869 € pour 14 400 € versés : le gain de 1 469 € aurait été taxé à 31,4 %, soit 461 €, et son PEA aurait été clôturé, ce qui lui aurait fait perdre son antériorité.
Rente viagère, transfert et décès du titulaire
Sortie en rente viagère. Après 5 ans, le capital du PEA peut être converti en rente viagère. Cette rente est exonérée d'impôt sur le revenu mais reste soumise aux prélèvements sociaux sur une partie de son montant. Pour le PEA assurance, cette fraction dépend de votre âge lors du premier versement de la rente : 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, 30 % au-delà de 69 ans. La conversion en rente clôture le plan et elle est définitive : vous ne récupérez plus le capital.
Transfert. Vous pouvez transférer votre PEA dans un autre établissement sans perdre son antériorité ni ses avantages fiscaux : le transfert n'est pas considéré comme un retrait. Les frais de transfert sont plafonnés à 150 €. Le transfert prend en général moins d'un mois, plus si le plan contient des titres non cotés ou étrangers.
Décès. Le PEA est clôturé dès que l'établissement est informé du décès. Les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu, même si le plan a moins de 5 ans, mais les prélèvements sociaux sont prélevés. La valeur du plan entre dans la succession et compte pour le calcul des droits de succession ; les héritiers choisissent ensuite de vendre les titres, de les garder en indivision ou de les transférer sur un compte-titres ordinaire.
PEA, PER ou assurance-vie : que choisir entre 30 et 45 ans ?
- PEA : aucune déduction à l'entrée, argent disponible sans clôture après 5 ans, gains exonérés d'impôt sur le revenu, 18,6 % de prélèvements sociaux. Uniquement des actions de sociétés de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen, ou des fonds investis à plus de 75 % dans ces actions. Plafond de 150 000 € de versements.
- PER individuel : versements déductibles du revenu imposable, dans la limite de 10 % des revenus d'activité de 2025 (37 680 € au plus, 4 710 € au moins) pour un salarié. En contrepartie, l'épargne est bloquée jusqu'à la retraite, sauf achat de la résidence principale et accidents de la vie, et la sortie est imposée.
- Assurance-vie : pas de déduction, argent disponible à tout moment, large choix de supports (fonds en euros, unités de compte). Après 8 ans, abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains, puis 7,5 % ou 12,8 % d'impôt, plus 17,2 % de prélèvements sociaux.
Dans l'exemple de Julie, avec une sortie en une seule fois, le PEA est l'enveloppe la moins taxée. Avec l'assurance-vie, des retraits étalés sur plusieurs années permettent de réutiliser chaque année l'abattement de 4 600 € : l'écart peut alors se réduire ou s'inverser. Le PER peut prendre l'avantage quand votre tranche marginale d'imposition est élevée aujourd'hui et sera plus basse à la retraite : l'économie d'impôt à l'entrée compense l'imposition à la sortie. L'assurance-vie reste utile pour les fonds en euros, la diversification hors actions et la transmission.
Questions fréquentes
Peut-on retirer de l'argent d'un PEA sans le fermer ?
Oui, après 5 ans : un retrait partiel ne clôture plus le plan et vous pouvez continuer à verser. Avant 5 ans, un retrait clôture en principe le PEA, sauf licenciement, invalidité ou mise à la retraite anticipée du titulaire ou de son conjoint, retrait des titres d'une société en liquidation, ou création ou reprise d'entreprise.
Quels impôts paie-t-on en retirant d'un PEA de plus de 5 ans ?
Aucun impôt sur le revenu sur les gains. Seuls les prélèvements sociaux s'appliquent, au taux de 18,6 % sur les revenus de placement perçus en 2026. Les sommes versées ne sont jamais taxées.
Un ETF sur un indice mondial peut-il aller dans un PEA ?
Seulement s'il est éligible au PEA, c'est-à-dire investi à plus de 75 % en actions de sociétés ayant leur siège dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen. Le nom du fonds ne suffit pas : vérifiez la mention d'éligibilité dans son descriptif.
Peut-on changer de banque sans perdre l'antériorité de son PEA ?
Oui, par un transfert : ce n'est pas un retrait, donc la date d'ouverture et les avantages fiscaux sont conservés. Les frais de transfert sont plafonnés à 150 €.