Aller au contenu

Pension de réversion : conditions, montant et calcul

Dispositifs de retraiteMis à jour le Lecture 9 minChiffres 2026

L'essentiel

  1. Il faut avoir été marié avec la personne décédée : le Pacs et le concubinage n'ouvrent aucun droit, dans aucun régime. Les ex-époux divorcés y ont droit (à l'Agirc-Arrco et dans la fonction publique, à condition de ne pas s'être remariés) et se partagent la pension au prorata de la durée de chaque mariage.
  2. Régime général : 54 % de la retraite de base du défunt, à partir de 55 ans, si vos ressources annuelles brutes restent sous 25 001,60 € (seul) ou 40 002,56 € (en couple) en 2026.
  3. Agirc-Arrco : 60 % des points du défunt, dès 55 ans, sans condition de ressources, mais le remariage supprime le droit définitivement.
  4. Fonction publique : 50 % de la pension de base, sans condition de ressources.
  5. Rien n'est automatique : la demande se fait en principe en ligne sur info-retraite.fr, une seule fois pour tous les régimes de base et complémentaires.
Simuler ma retraite →

Au décès d'un époux, une partie de sa retraite peut être versée au conjoint survivant : c'est la pension de réversion. Son montant et ses conditions changent d'un régime à l'autre. Pour un salarié du privé, il y a deux réversions distinctes, celle de la retraite de base (Assurance retraite) et celle de la retraite complémentaire (Agirc-Arrco), avec des règles très différentes.


Qui a droit à la pension de réversion ?

La première condition est commune à tous les régimes : vous devez avoir été marié avec la personne décédée. Le Pacs et le concubinage ne permettent pas d'obtenir une pension de réversion, quelle que soit la durée de la vie commune. Un couple pacsé depuis vingt ans n'a donc droit à aucune réversion.

L'époux divorcé est assimilé à un époux survivant. Au régime général, il peut toucher la réversion même s'il vit de nouveau en couple au moment du décès de son ex-époux.

Quand le défunt s'est marié plusieurs fois, la pension est partagée entre l'époux survivant et les ex-époux divorcés, proportionnellement à la durée de chaque mariage. Cette durée est calculée de date à date et arrondie au nombre de mois inférieur. Si l'un des bénéficiaires décède, sa part revient aux autres. À l'Assurance retraite, ce recalcul n'est pas automatique : il faut signaler le décès à sa caisse régionale.

Exemple : un homme a été marié 10 ans avec sa première épouse, puis 20 ans avec la seconde. La première reçoit 1/3 de la réversion, la seconde 2/3. Sur une réversion de base de 9 072 € par an, cela donne 3 024 € et 6 048 € par an, avant application des conditions de ressources propres à chacune.


Régime général : 54 % sous conditions d'âge et de ressources

La réversion de l'Assurance retraite concerne le conjoint d'un ancien salarié du privé, d'un travailleur indépendant, d'un contractuel de la fonction publique ou d'un artiste-auteur. Elle est égale à 54 % de la retraite de base que le défunt percevait ou aurait pu percevoir, sans tenir compte de ses majorations de retraite.

Trois conditions :

  • Mariage avec la personne décédée (actuel ou passé).
  • Âge : au moins 55 ans. Cet âge est abaissé à 51 ans si le conjoint est décédé avant le 1er janvier 2009.
  • Ressources : en 2026, vos ressources annuelles brutes doivent rester inférieures à 25 001,60 € si vous vivez seul, ou 40 002,56 € si vous vivez en couple (ressources du nouveau ménage).

Les ressources examinées sont celles des 3 mois civils qui précèdent la date d'attribution. Si elles dépassent le quart du plafond (6 250,40 € pour une personne seule, 10 000,64 € pour un couple), ce sont les 12 derniers mois qui sont retenus. Vos revenus d'activité ne comptent que pour 70 % de leur montant.

Certaines ressources sont exclues du calcul : les revenus d'activité et de remplacement du défunt, les réversions versées par les régimes complémentaires (dont l'Agirc-Arrco), et les revenus des biens que vous avez reçus au titre de vos droits dans la succession du conjoint.

Le plafond ne fonctionne pas en tout ou rien. Si vos ressources plus la réversion dépassent le plafond, la réversion est réduite du montant du dépassement. Elle reste ensuite révisable si vos revenus changent, puis devient définitive 3 mois après que vous touchez vos propres retraites de base et complémentaire (ou, si vous n'en touchez pas, à l'âge minimum de départ à la retraite).

Minimum et majorations

  • Minimum : 4 019,13 € par an en 2026, soit 334,92 € par mois, si le défunt avait au moins 60 trimestres (15 ans) au régime général. Avec moins, le minimum est proratisé : 40 trimestres donnent 40/60 de ce montant, soit 2 679,42 € par an.
  • +10 % si vous avez eu ou élevé au moins 3 enfants.
  • Majoration forfaitaire pour enfant à charge : 113,59 € par mois et par enfant en 2026, si vous ne touchez pas encore de retraite personnelle et n'avez pas atteint l'âge du taux plein automatique. Elle n'est pas automatique : il faut la demander.
  • +11,1 % une fois l'âge du taux plein automatique atteint et toutes vos retraites liquidées, si le total de vos retraites et réversions ne dépasse pas 3 020,07 € par trimestre en 2026 (soit 1 006,69 € par mois). Au-delà, la majoration est réduite à hauteur du dépassement.

Avant 55 ans, il n'y a pas de réversion au régime général, mais une allocation de veuvage peut être versée si vous ne vivez pas en couple, sous conditions de ressources, et si le défunt avait cotisé au régime général au moins 3 mois au cours des 12 mois précédant son décès (ou avait été indemnisé au titre du chômage, de la maladie, etc.) : 719,58 € par mois en 2026, pendant 2 ans au maximum, ou jusqu'à 55 ans si vous aviez au moins 50 ans au décès.


Agirc-Arrco : 60 % des points, sans plafond de ressources

La retraite complémentaire des salariés du privé verse 60 % de la retraite complémentaire du défunt. Les conditions sont différentes de celles du régime général :

  • avoir été marié avec le défunt (Pacs et concubinage exclus) ;
  • avoir au moins 55 ans au point de départ de la réversion (un âge plus bas est possible avec 2 enfants à charge ou en cas d'invalidité) ;
  • aucune condition de ressources : votre salaire ne réduit pas la réversion Agirc-Arrco ;
  • ne pas être remarié : le remariage supprime le droit définitivement, même s'il est suivi d'un divorce ou du décès du nouveau conjoint.

Les ex-époux non remariés se partagent la réversion selon la durée de chaque mariage, comme au régime général. Elle est versée d'avance, en principe chaque mois. Si le défunt avait perçu sa retraite complémentaire en un versement unique, aucune réversion n'est possible.

Pour un survivant qui a un bon salaire, la différence est nette : la réversion de base est réduite ou supprimée par le plafond de ressources, alors que la réversion Agirc-Arrco reste due en totalité.


Fonctionnaires : 50 % sans condition de ressources

Au décès d'un fonctionnaire (État, territorial ou hospitalier), le conjoint reçoit 50 % de la pension de base que le défunt percevait ou aurait pu percevoir, sans condition de ressources. S'y ajoutent, le cas échéant, la moitié de la majoration pour 3 enfants (si vous avez aussi élevé ces enfants) et la moitié de la rente viagère d'invalidité.

Les conditions portent sur le mariage, pas sur vos revenus. Il faut remplir l'une d'elles : un enfant est né de l'union, le mariage a duré au moins 4 ans, il a été célébré au moins 2 ans avant la fin des services du défunt, ou il précède l'invalidité qui a conduit à sa mise à la retraite. Un remariage, un Pacs ou un concubinage fait perdre la réversion ; elle peut être rétablie si cette nouvelle union prend fin.

Si vos ressources sont faibles, la réversion peut être complétée pour que l'ensemble atteigne le montant de l'Aspa, soit 12 523,14 € par an en 2026. Dans la fonction publique d'État, ce complément est réservé aux bénéficiaires d'au moins 65 ans résidant en France.


Exemple chiffré : veuve salariée de 58 ans

Prenons Claire, 58 ans, salariée à 2 000 € brut par mois, qui vit seule après le décès de son mari Marc, retraité. En supposant que Marc touchait 1 400 € brut par mois de retraite de base et avait 9 000 points Agirc-Arrco, que les revenus de Claire sont stables sur 12 mois et qu'elle n'a pas d'autres ressources :

  1. Réversion de base théorique : 54 % × 16 800 € (1 400 € × 12) = 9 072 € par an, soit 756 € par mois.
  2. Ressources retenues : 70 % × 24 000 € de salaire = 16 800 €.
  3. Test du plafond : 16 800 € + 9 072 € = 25 872 €, au-dessus du plafond de 25 001,60 € pour une personne seule.
  4. Réversion de base réduite : 25 001,60 € − 16 800 € = 8 201,60 € par an, soit 683,47 € par mois (870,40 € de moins par an).
  5. Réversion Agirc-Arrco : 60 % × 9 000 = 5 400 points × 1,4587 € (valeur du point à partir du 1er novembre 2026) = 7 876,98 € par an, soit 656,42 € par mois, sans réduction liée au salaire.

Total : environ 1 340 € brut par mois de réversions, avant prélèvements sociaux. Si Claire gagnait 3 000 € par mois, ses ressources retenues (25 200 €) dépasseraient déjà le plafond seules : la réversion de base serait nulle, l'Agirc-Arrco resterait de 656,42 € par mois.

Le résultat dépend aussi de votre propre retraite. Pour estimer celle-ci et voir l'écart avec votre budget, utilisez le simulateur.

Simuler ma retraite


Comment demander la pension de réversion ?

La réversion n'est jamais versée automatiquement. La demande se fait en ligne sur info-retraite.fr, depuis votre compte retraite : une seule demande vaut pour tous les régimes de base et complémentaires où votre époux ou ex-époux a cotisé. L'outil « Mes justificatifs » liste les pièces à joindre, et le service « Suivre mes demandes » permet de suivre le dossier.

Sans internet, un formulaire papier de demande unique couvre plusieurs régimes de base. Il ne couvre pas l'Agirc-Arrco : il faut alors faire une demande séparée auprès de chaque caisse non listée.

Au régime général, la date de départ choisie doit être le 1er jour d'un mois, pas avant le mois qui suit vos 55 ans, ni avant le dépôt de la demande. Exception utile : si vous déposez la demande dans l'année qui suit le décès, la réversion peut commencer dès le 1er jour du mois suivant le décès. Une absence de réponse pendant plus de 4 mois vaut refus.

Questions fréquentes

Un partenaire de Pacs a-t-il droit à la pension de réversion ?

Non. Dans tous les régimes, il faut avoir été marié avec la personne décédée. Le Pacs et le concubinage ne permettent pas d'obtenir une pension de réversion.

Quel est le plafond de ressources de la réversion en 2026 ?

Au régime général : 25 001,60 € de ressources annuelles brutes pour une personne seule et 40 002,56 € pour un couple. Les revenus d'activité ne comptent que pour 70 %. L'Agirc-Arrco et la fonction publique n'appliquent pas de plafond de ressources.

Peut-on toucher la réversion si l'on travaille encore ?

Oui. La réversion Agirc-Arrco n'est pas affectée par votre salaire. Au régime général, la réversion est réduite si 70 % de vos revenus d'activité plus vos autres ressources et la réversion dépassent le plafond, et supprimée si vos ressources seules le dépassent.

Que se passe-t-il en cas de remariage ?

À l'Agirc-Arrco, le remariage supprime définitivement la réversion. Dans la fonction publique, un remariage, un Pacs ou un concubinage la fait perdre, mais elle peut être rétablie à la fin de la nouvelle union. Au régime général, le remariage ne supprime pas le droit en soi, mais les ressources du nouveau ménage sont comparées au plafond couple de 40 002,56 €.

Un ex-époux divorcé a-t-il droit à une part ?

Oui. L'époux divorcé est assimilé à un époux survivant. La réversion est partagée entre tous les époux et ex-époux qui remplissent les conditions, au prorata de la durée de chaque mariage.