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Rachat de trimestres : combien ça coûte et quand c'est rentable

Dispositifs de retraiteMis à jour le Lecture 10 minChiffres 2026

L'essentiel

  1. On peut racheter au maximum 12 trimestres (années d'études supérieures et années incomplètes confondues), entre 20 ans et 66 ans révolus (moins de 67 ans à la date de la demande).
  2. Barème 2026 : de 1 055 € (20 ans, taux seul, revenus sous 36 045 €) à 6 684 € (62 ans, taux et durée, revenus au-dessus de 48 060 €) par trimestre.
  3. Études en formation initiale : 670 € ou 1 000 € de réduction par trimestre, sur 4 trimestres, si la demande est déposée avant le 31 décembre de l'année de vos 40 ans.
  4. Les sommes versées sont déductibles du revenu imposable. Dans notre exemple, 8 trimestres achetés 28 640 € à 40 ans rapportent 3 409 € brut de pension par an : environ 8,4 ans de retraite pour rentrer dans ses frais avant impôt.
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Racheter des trimestres, c'est payer aujourd'hui des cotisations pour des périodes où vous n'avez pas ou peu cotisé, afin d'éviter une décote ou d'augmenter votre pension. Le dispositif officiel s'appelle le versement pour la retraite. Il coûte cher et son intérêt dépend de votre âge, de vos revenus, des trimestres qui vous manqueront et de l'âge de départ visé.


Ce que l'on peut racheter

Deux types de périodes sont concernés par le versement pour la retraite :

  • Les années d'études supérieures : université, grande école, école technique supérieure, classe préparatoire ou classe post-bac de lycée. Les études doivent avoir abouti à un diplôme (l'admission dans une grande école ou en classe préparatoire est assimilée à un diplôme). Toute période de 90 jours consécutifs d'études compte pour un trimestre.
  • Les années incomplètes : les années civiles où votre activité a validé moins de 4 trimestres. Selon Info Retraite, il faut qu'un salaire figure sur votre relevé pour l'année concernée, ou au moins un trimestre assimilé.

Les conditions communes : avoir au moins 20 ans et moins de 67 ans à la date de la demande et ne pas avoir déjà demandé sa retraite à l'Assurance retraite. Pour les études, l'Assurance retraite doit être la première caisse à laquelle vous avez cotisé après vos études.

La limite est de 12 trimestres au total, tous motifs confondus (études, années incomplètes, sportif de haut niveau, mandat local), et une année ne peut jamais compter plus de 4 trimestres.

Les trimestres rachetés ne comptent pas pour un départ anticipé (carrière longue, travailleur handicapé).

Les stages en entreprise suivent un régime à part : 2 trimestres au plus, à 481 € le trimestre, demande au plus tard le 31 décembre de l'année de vos 30 ans.


Taux seul ou taux et durée : les deux options

La retraite de base se calcule ainsi : revenu annuel moyen × taux × (trimestres validés / trimestres requis). Le revenu annuel moyen porte sur les 25 meilleures années, plafonnées. Le taux plein est de 50 %. Pour une personne née à partir de 1969, l'âge minimum est de 64 ans et il faut 172 trimestres.

Si vous partez avant 67 ans sans tous vos trimestres, le taux de 50 % est réduit de 0,625 point par trimestre manquant (20 trimestres au plus) : c'est la décote. On retient le nombre le plus favorable entre les trimestres manquants et les trimestres qui vous séparent de 67 ans.

  • Option 1, « taux seul » : les trimestres rachetés servent uniquement à réduire ou supprimer la décote. Le rapport trimestres validés / trimestres requis ne bouge pas.
  • Option 2, « taux et durée d'assurance » : les trimestres rachetés réduisent la décote et s'ajoutent aussi aux trimestres pris en compte dans le rapport. Dans le barème 2026, elle coûte environ 48 % de plus que l'option 1.

Le choix est définitif. Deux cas où l'option 1 ne sert à rien : si vous comptez partir à 67 ans (le taux plein est alors automatique), ou si vous aurez de toute façon vos 172 trimestres à l'âge de départ visé.


Le prix d'un trimestre en 2026

La circulaire Cnav n° 2026-04 du 5 février 2026 fixe le barème des demandes déposées en 2026. Les montants en euros sont ceux de 2013 ; seules les tranches de revenus suivent le plafond de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026). Le prix dépend de :

  • votre âge à la date de la demande ;
  • l'option choisie ;
  • vos revenus : moins de 36 045 € (75 % du plafond), de 36 045 € à 48 060 €, ou plus de 48 060 €. La tranche dépend de la moyenne de vos salaires et revenus d'activité (non plafonnés et revalorisés) des trois années civiles précédentes (article D. 351-8 du Code de la sécurité sociale, Info Retraite parle des 3 années qui précèdent la demande) : pour une demande déposée entre juillet et décembre 2026, les années 2023 à 2025 ; entre janvier et juin 2026, les années 2022 à 2024.

Prix d'un trimestre selon l'âge en 2026, extraits de l'annexe de la circulaire (taux seul / taux et durée) :

  • 25 ans : 1 219 € / 1 806 € si revenus < 36 045 € ; 1 625 € / 2 408 € si revenus > 48 060 €
  • 30 ans : 1 487 € / 2 204 € ; 1 983 € / 2 938 €
  • 40 ans : 2 065 € / 3 060 € ; 2 753 € / 4 080 €
  • 50 ans : 2 672 € / 3 960 € ; 3 563 € / 5 279 €
  • 62 ans : 3 383 € / 5 013 € ; 4 510 € / 6 684 €
  • 66 ans : 3 044 € / 4 512 € ; 4 059 € / 6 015 €

Le prix monte avec l'âge jusqu'à 62 ans, puis redescend. Pour la tranche intermédiaire, la circulaire affiche un pourcentage et non un montant en euros (à 40 ans, 7,43 % en taux seul et 11,02 % en taux et durée) : le montant exact figure sur l'évaluation envoyée par votre Carsat.


Le tarif réduit pour les études, jusqu'à 40 ans

Si vos études ont été suivies en formation initiale et que vous déposez la demande avant le 31 décembre de l'année civile de vos 40 ans, le prix est diminué sur 4 trimestres au maximum :

  • 670 € de moins par trimestre avec l'option 1 (taux seul) ;
  • 1 000 € de moins par trimestre avec l'option 2 (taux et durée).

Avant la réforme de 2023, il fallait agir au plus tard le 31 décembre de la 10e année suivant la fin des études. Les trimestres déjà obtenus pour un stage sont déduits des 4 trimestres à tarif réduit.

Concrètement, à 40 ans avec des revenus au-dessus de 48 060 €, un trimestre en taux et durée passe de 4 080 € à 3 080 €. À 25 ans avec des revenus sous 36 045 €, il passe de 1 806 € à 806 €. Si vous fêtez vos 40 ans en 2026, la demande doit partir avant le 31 décembre 2026.


Déduction d'impôt et paiement échelonné

Les sommes versées sont déductibles du revenu imposable. Le Bofip précise que ces cotisations de rachat, dans la limite globale de 12 trimestres, sont déductibles sans limite des revenus professionnels. L'économie dépend de votre taux marginal d'imposition : à 30 %, 10 000 € versés réduisent l'impôt d'environ 2 700 € pour un salarié qui bénéficie de l'abattement de 10 % (la déduction diminue aussi cet abattement), et de 3 000 € s'il déclare ses frais réels ou si son abattement est plafonné, à condition que toute la somme déduite reste dans cette tranche.

Le paiement peut être échelonné par prélèvements mensuels : sur 1 à 3 ans pour 2 à 8 trimestres, sur 1, 3 ou 5 ans à partir de 9 trimestres. Au-delà d'un an, le reste dû est majoré chaque année selon l'indice prévisionnel des prix hors tabac.


Exemple chiffré : Claire, 40 ans, cadre

Claire est née en 1986. Elle a fait 5 ans d'études après le bac, en formation initiale, et a commencé à travailler à 23 ans. Hypothèses : elle valide 4 trimestres par an jusqu'à son départ à 64 ans, son revenu annuel moyen est égal au plafond de la Sécurité sociale (48 060 €, en euros d'aujourd'hui), la moyenne de ses revenus des trois années civiles de référence dépasse 48 060 € et elle dépose sa demande en 2026, après son 40e anniversaire.

Sans rachat : de 23 à 64 ans, 41 ans × 4 = 164 trimestres. Il lui en manque 8 sur 172 (et 12 la séparent de 67 ans), donc la décote porte sur 8 trimestres : taux = 50 % − 8 × 0,625 = 45 %. Pension de base = 48 060 × 45 % × 164 / 172 = 20 621 € brut par an (1 718 € par mois).

Rachat de 8 trimestres d'études, option taux et durée : 4 trimestres à tarif réduit (4 080 − 1 000 = 3 080 €) et 4 au plein tarif (4 080 €), soit 4 × 3 080 + 4 × 4 080 = 28 640 €. Elle atteint 172 trimestres : 48 060 × 50 % × 172 / 172 = 24 030 € par an, soit le plafond de la pension de base (50 % du plafond de la Sécurité sociale, hors surcote et majorations). Gain : 3 409 € brut par an (284 € par mois).

Même rachat en taux seul : 4 × (2 753 − 670) + 4 × 2 753 = 19 344 €. La décote disparaît mais le rapport reste à 164 / 172 : 48 060 × 50 % × 164 / 172 = 22 912 € par an, soit un gain de 2 291 € brut par an.


Calculer le seuil de rentabilité

Le calcul de base est simple : nombre d'années de retraite pour rentrer dans ses frais = coût du rachat / gain annuel de pension. Appliqué à Claire, sans tenir compte de l'impôt ni des revalorisations :

  • 8 trimestres en taux et durée : 28 640 / 3 409 = 8,4 ans ;
  • 8 trimestres en taux seul : 19 344 / 2 291 = 8,4 ans.

En supposant une déduction intégrale au taux marginal de 30 %, le coût net de l'option taux et durée sur 8 trimestres tombe à 28 640 × 0,7 = 20 048 €, et le seuil à 20 048 / 3 409 = 5,9 ans (6,1 ans pour un salarié au forfait de 10 %, dont l'abattement diminue avec la déduction). Mais la pension est elle-même imposable : si elle est imposée au même taux de 30 % à la retraite, on revient à 8,4 ans. Si la pension supporte aussi la CSG et les autres prélèvements sociaux, le délai s'allonge encore.

Deux limites. Claire paie aujourd'hui pour un gain qui commence dans 24 ans, alors que cet argent placé aurait aussi rapporté. Et sa carrière peut changer : une année de travail en plus (4 trimestres) réduit déjà le besoin de rachat.

Pour comparer avec le même effort d'épargne placé jusqu'à la retraite :

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Et la retraite complémentaire Agirc-Arrco ?

Le rachat de trimestres ne concerne que la retraite de base. Pour la complémentaire, l'Agirc-Arrco permet de racheter jusqu'à 140 points par année d'études supérieures ou année incomplète, dans la limite de 3 années. Deux conditions : le rachat doit porter sur des périodes déjà rachetées auprès du régime de base, et il doit intervenir avant le départ en retraite complémentaire.

Avant tout rachat, vérifiez votre relevé de carrière sur Info Retraite et faites corriger les erreurs éventuelles : l'Assurance retraite rappelle elle-même que le rachat de trimestres n'est pas toujours nécessaire.

Questions fréquentes

Combien coûte un trimestre de retraite en 2026 ?

Selon la circulaire Cnav n° 2026-04, entre 1 055 € (20 ans, taux seul, revenus inférieurs à 36 045 €) et 6 684 € (62 ans, taux et durée, revenus supérieurs à 48 060 €).

Combien de trimestres peut-on racheter au maximum ?

12 trimestres au total au régime général, en additionnant années d'études supérieures, années incomplètes et les autres motifs prévus. Le tarif réduit pour les études ne s'applique qu'à 4 de ces trimestres.

Les trimestres rachetés permettent-ils un départ anticipé pour carrière longue ?

Non. Les trimestres rachetés au titre du versement pour la retraite ne sont pas pris en compte pour ouvrir le droit à une retraite anticipée.

Le rachat de trimestres est-il déductible des impôts ?

Oui. Les sommes versées sont déductibles du revenu imposable, dans la limite globale de 12 trimestres. L'économie réelle dépend de votre taux marginal d'imposition l'année du versement.

Jusqu'à quand peut-on racheter ses années d'études à prix réduit ?

Jusqu'au 31 décembre de l'année civile de vos 40 ans, pour des études suivies en formation initiale. La réduction est de 670 € par trimestre en taux seul et de 1 000 € en taux et durée, sur 4 trimestres au plus.