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Sortie du PER : capital, rente ou mixte

Épargne et placementsMis à jour le Lecture 11 minChiffres 2026

L'essentiel

  1. À la retraite, vous choisissez entre capital (en une ou plusieurs fois), rente viagère ou un mélange. Les droits issus de versements obligatoires d'entreprise sortent uniquement en rente, sauf si cette rente ne dépasse pas 110 € par mois.
  2. Capital issu de versements déduits : la part « versements » est imposée au barème, sans abattement de 10 % et sans prélèvements sociaux. Les gains sont taxés à 31,4 % (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux) depuis le 1er janvier 2026.
  3. Rente issue de versements déduits : imposée comme une pension, et les prélèvements sociaux de 18,6 % ne portent que sur une fraction de la rente (40 % si vous avez entre 60 et 69 ans au premier versement).
  4. Exemple : 60 000 € de versements déduits à 30 % et 30 000 € de gains. Impôt sur les versements : 16 937 € en une fois, 13 746 € avec le quotient, 7 366 € étalé sur 10 ans. Les gains coûtent 9 420 € dans tous les cas.
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Le plan d'épargne retraite (PER) vous a fait économiser de l'impôt pendant vos années de travail. À la sortie, l'administration récupère une partie de cet avantage. Le montant dépend de trois choses : l'origine de l'argent (versements déduits, non déduits, épargne salariale, versements obligatoires), la forme de la sortie (capital ou rente) et votre tranche d'imposition l'année où vous retirez.

Ce guide porte sur la sortie à la retraite. Les cas de déblocage anticipé (achat de la résidence principale, accidents de la vie) obéissent à d'autres règles et ne sont pas traités ici.


Quand et sous quelle forme récupérer son PER

Le PER se débloque au plus tôt à la date où vous obtenez votre pension de retraite, ou quand vous atteignez l'âge légal de départ. Vous pouvez alors demander :

  • un capital, versé en une ou plusieurs fois ;
  • une rente viagère, versée jusqu'à votre décès ;
  • un mélange : une partie en capital, le reste en rente.

Deux limites. Si vous avez opté définitivement pour la rente à l'ouverture du plan, le capital n'est plus possible. Et les droits issus de versements obligatoires (PER d'entreprise obligatoire, ancien « article 83 ») sortent uniquement en rente ; si cette rente ne dépasse pas 110 € par mois, elle peut être convertie en capital, d'un commun accord avec l'assureur.

Rien ne vous oblige à tout retirer au départ en retraite : vous pouvez conserver le plan. À partir de la 5e année qui précède votre départ, vous pouvez interroger le gestionnaire sur les options de sortie adaptées à votre cas.


Ce qui compte d'abord : l'origine des sommes

Chaque PER est divisé en trois compartiments : les versements volontaires (compartiment 1), l'épargne salariale, c'est-à-dire intéressement, participation et abondement (compartiment 2), et les versements obligatoires de l'entreprise (compartiment 3). Dans le premier, le gestionnaire distingue en plus les versements que vous avez déduits de ceux pour lesquels vous avez renoncé à la déduction. Pour une sortie en capital, cela donne :

  • Versements volontaires déduits : la part « versements » est imposée au barème de l'impôt sur le revenu, sans l'abattement de 10 % des pensions et sans prélèvements sociaux. Les gains supportent 31,4 %.
  • Versements volontaires pour lesquels vous avez renoncé à la déduction (option à signaler au gestionnaire lors de chaque versement), ou faits depuis 2026 à 70 ans ou plus : la part « versements » est exonérée d'impôt et de prélèvements sociaux. Seuls les gains sont taxés, à 31,4 %. Attention : des versements non déduits simplement parce qu'ils dépassaient votre plafond sont imposés comme des versements déduits.
  • Épargne salariale (intéressement, participation, abondement exonérés à l'entrée) : la part « versements » est exonérée, et les gains aussi sont exonérés d'impôt sur le revenu (CGI, art. 81, 4° bis-b) ; ils ne supportent que les prélèvements sociaux.
  • Versements obligatoires : sortie en rente, sauf petite rente convertie en capital. Dans ce cas, la part « versements » est imposée comme une pension mais sans abattement de 10 % et supporte la CSG des revenus de remplacement ; les gains relèvent du prélèvement forfaitaire unique.

Le premier cas est le plus courant chez les épargnants qui ont ouvert un PER individuel pour réduire leur impôt. C'est aussi le seul où la sortie peut coûter cher, d'où l'intérêt de bien la préparer. Pour l'avantage à l'entrée, voir notre guide sur le plafond de déduction du PER.


La sortie en capital : barème sur les versements, 31,4 % sur les gains

Pour un capital issu de versements déduits, la part qui correspond à vos versements s'ajoute à vos revenus de l'année de la sortie, dans la catégorie des pensions. Elle est imposée au barème progressif, sans l'abattement de 10 %. Elle ne supporte pas de prélèvements sociaux. Le taux forfaitaire de 7,5 % qui existe pour certains anciens contrats ne s'applique pas au PER.

La part qui correspond aux gains subit un prélèvement de 31,4 % pour les sommes perçues depuis le 1er janvier 2026 : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Avant 2026, le total était de 30 %, avec 17,2 % de prélèvements sociaux. La hausse vient de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, qui a relevé la CSG de 1,4 point sur les revenus du capital, et elle concerne tous les PER. Sur option globale, valable pour l'ensemble de vos revenus de placement de l'année, les gains peuvent être imposés au barème plutôt qu'à 12,8 %.

La part du capital imposée au barème est un revenu exceptionnel éligible au système du quotient, quel que soit son montant. Le principe : on ajoute un quart du revenu exceptionnel à vos revenus habituels, on calcule le supplément d'impôt et on le multiplie par 4. Le quotient n'est jamais défavorable, mais il n'apporte rien si vos revenus restent de toute façon dans la même tranche. Il faut le demander dans la déclaration de revenus.


La sortie en rente : pension ou rente viagère à titre onéreux

Une rente issue de versements déduits est imposée comme une pension de retraite. Elle bénéficie de l'abattement de 10 % appliqué à l'ensemble des pensions et rentes du foyer, qui ne peut pas dépasser 4 439 € par foyer (ni descendre sous 454 € par pensionné) pour les revenus de 2025. Si vos pensions atteignent déjà ce plafond, la rente du PER n'en profite pas. Les prélèvements sociaux de 18,6 % ne portent que sur une fraction de la rente, qui dépend de votre âge au premier versement :

  • 70 % avant 50 ans ;
  • 50 % de 50 à 59 ans ;
  • 40 % de 60 à 69 ans ;
  • 30 % après 69 ans.

Une rente issue de versements pour lesquels vous avez renoncé à la déduction ou d'épargne salariale suit le régime des rentes viagères à titre onéreux : seule la même fraction (40 % entre 60 et 69 ans) est soumise à l'impôt sur le revenu, et cette fraction supporte aussi les prélèvements sociaux de 18,6 %. Une rente issue de versements obligatoires est imposée comme une pension et soumise à la CSG des revenus de remplacement.

La rente a un défaut à connaître : si vous décédez pendant le service d'une rente sans réversion, l'épargne restante n'est pas transmise. Il faut avoir prévu la réversion à un bénéficiaire désigné.


Exemple chiffré : 30 % pendant la vie active, 11 % à la retraite

Julien est marié (2 parts, sans enfant à charge). Pendant 20 ans, il a versé 3 000 € par an sur un PER individuel, soit 60 000 € de versements déduits. En supposant que chaque versement a été déduit dans la tranche à 30 %, la déduction lui a fait économiser 18 000 € d'impôt. À 64 ans, le plan vaut 90 000 € : 60 000 € de versements et 30 000 € de gains.

Hypothèses : les pensions du couple atteignent 58 000 € par an ; l'abattement de 10 % est plafonné à 4 439 €, d'où un revenu imposable de 53 561 € et un impôt de 3 340 €. Leur tranche marginale est de 11 % (le seuil des 30 % est à 59 158 € pour 2 parts). On applique le barème, le plafond d'abattement et la décote de l'imposition des revenus de 2025, les derniers connus, et on suppose que la valeur du plan ne bouge plus pendant les retraits.

Impôt sur la part « versements » (60 000 €) selon la façon de sortir :

  • Tout en une fois, sans quotient : 16 937 €. Les 60 000 € s'empilent sur les pensions et presque tout passe dans la tranche à 30 %.
  • Tout en une fois, avec le quotient : 13 746 €. On ajoute 15 000 € (un quart) aux revenus, on calcule 3 437 € de supplément d'impôt et on le multiplie par 4.
  • En 5 retraits annuels de 18 000 € (12 000 € de versements et 6 000 € de gains chacun) : environ 2 537 € par an, soit 12 683 € au total (calcul non arrondi).
  • En 10 retraits annuels de 9 000 € (6 000 € de versements et 3 000 € de gains) : environ 737 € par an, soit 7 366 € au total (calcul non arrondi).

Les gains, eux, coûtent la même chose dans les quatre cas avec le prélèvement forfaitaire : 30 000 € × 31,4 % = 9 420 € (3 840 € d'impôt et 5 580 € de prélèvements sociaux). Facture totale : 26 357 € en une fois sans quotient, 23 166 € avec le quotient, 22 103 € sur 5 ans et 16 786 € sur 10 ans.

Face aux 18 000 € économisés à l'entrée, la sortie en une fois sans quotient reprend presque tout l'avantage fiscal sur les versements (16 937 €). Étalée sur 10 ans, elle n'en reprend que 7 366 €. L'écart vient du passage de 30 % à 11 % : il ne profite qu'aux sommes qui restent dans la tranche à 11 %, soit 5 597 € par an pour ce couple.

En rente, en supposant que l'assureur propose 3 600 € de rente par an pour les 90 000 €, la rente s'ajoute aux pensions sans abattement supplémentaire (le plafond de 4 439 € est déjà atteint) : 396 € d'impôt à 11 % et 268 € de prélèvements sociaux (40 % × 3 600 € × 18,6 %), soit environ 664 € par an. Le montant de rente proposé dépend de l'assureur et de votre âge : demandez un devis avant de choisir.


Fractionner la sortie pour lisser l'impôt

Le capital peut être versé en plusieurs fois. Chaque retrait contient une part de versements et une part de gains, calculée au prorata : part de versements = retrait × (versements restant dans le plan ÷ valeur totale du plan). C'est la méthode retenue par l'administration fiscale.

La règle à retenir : calibrez la part « versements » de chaque retrait pour qu'elle reste dans votre tranche actuelle. Dans l'exemple, environ 5 600 € par an tiennent dans la tranche à 11 %. Au-delà, chaque euro est imposé à 30 %, comme pendant la vie active.

Une limite : un retrait fractionné n'est pas considéré comme un revenu exceptionnel si vous avez reçu des versements de même nature au cours des trois années précédentes. Dans une série de retraits annuels, seul le premier peut donc profiter du quotient (nous ne l'avons pas compté dans l'exemple ci-dessus). Le quotient sert surtout pour une sortie en une fois ; dans notre exemple, l'étalement sur 10 ans fait nettement mieux, à condition de ne pas avoir besoin de tout l'argent tout de suite.


Capital, rente ou mixte : comment trancher

  • Capital fractionné : souple, transmissible, et fiscalement efficace si vous étalez les retraits dans votre tranche de retraite.
  • Capital en une fois : utile pour un projet précis (remboursement de crédit, travaux). Pensez au quotient pour la part imposée au barème.
  • Rente : un revenu garanti à vie, avec des prélèvements sociaux calculés sur une fraction seulement, mais un choix définitif et une épargne perdue en cas de décès sans réversion.
  • Mixte : par exemple, la part issue de versements pour lesquels vous avez renoncé à la déduction en capital (exonérée) et le reste en retraits étalés ou en rente.

Avant de choisir, estimez votre revenu à la retraite : c'est lui qui fixe la tranche dans laquelle tomberont vos retraits. Le simulateur calcule votre pension et le capital nécessaire pour compléter votre budget. Pour comparer le PER aux autres enveloppes, voir PER ou assurance-vie.

Questions fréquentes

Le capital du PER est-il soumis aux prélèvements sociaux ?

Pas sur la part correspondant à vos versements volontaires, qu'ils aient été déduits ou non : pour ces versements, seuls les gains supportent les prélèvements sociaux : 18,6 % pour les sommes perçues depuis le 1er janvier 2026, qui s'ajoutent aux 12,8 % d'impôt sur le revenu, soit {{pfuRatePercent}} % au total.

Peut-on utiliser le système du quotient pour la sortie d'un PER ?

Oui. La part du capital imposée au barème (versements déduits) est un revenu exceptionnel éligible au quotient, quel que soit son montant. En cas de retraits fractionnés, un retrait n'y a plus droit si vous avez reçu des versements de même nature au cours des trois années précédentes.

La rente du PER bénéficie-t-elle de l'abattement de 10 % ?

Oui, si elle provient de versements déduits : elle est imposée comme une pension. Mais l'abattement est plafonné à 4 439 € par foyer pour les revenus de 2025, toutes pensions et rentes confondues. Une rente issue de versements pour lesquels vous avez renoncé à la déduction n'a pas d'abattement de 10 % : seule une fraction est imposée (40 % si vous aviez entre 60 et 69 ans au premier versement).

Le prélèvement de 12,8 % sur les gains est-il définitif ?

Non, c'est un acompte prélevé par la banque ou l'assureur au moment du versement. L'impôt définitif est calculé avec votre déclaration : 12,8 %, ou le barème si vous exercez l'option globale. Vous pouvez demander à être dispensé de l'acompte si votre revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (personne seule) ou 50 000 € (couple soumis à imposition commune).