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Épargne salariale : PEE, PER collectif et retraite

Épargne et placementsMis à jour le Lecture 11 minChiffres 2026

L'essentiel

  1. Placés sur un PEE ou un PER collectif dans les 15 jours, l'intéressement et la participation sont exonérés d'impôt sur le revenu jusqu'à 36 045 € chacun en 2026. Seules la CSG et la CRDS (9,70 %) sont prélevées.
  2. L'abondement de l'employeur est limité au triple de votre versement et à 3 844,80 € sur un PEE (8 % du PASS) ou 7 689,60 € sur un PER collectif (16 % du PASS).
  3. PEE : argent bloqué 5 ans, avec une quinzaine de cas de déblocage anticipé. PER collectif : bloqué jusqu'à la retraite, sauf achat de la résidence principale et accidents de la vie.
  4. Exemple : 2 000 € d'intéressement brut placés sur un PER collectif avec 1 000 € d'abondement donnent 2 709 € investis, contre 1 806 € touchés en cas de versement immédiat, dont 1 864 € s'ajoutent aux salaires imposables.
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Si votre entreprise a mis en place un plan d'épargne entreprise (PEE) ou un PER d'entreprise collectif, vous avez sans doute déjà reçu une proposition de placement pour votre intéressement ou votre participation. Vous avez 15 jours pour choisir : une prime placée échappe à l'impôt sur le revenu et peut déclencher un abondement de l'employeur, alors qu'une prime encaissée s'ajoute à vos salaires imposables.


PEE et PER collectif : deux plans, deux horizons

Le PEE est un plan d'épargne collectif investi en valeurs mobilières, le plus souvent des fonds communs de placement d'entreprise (FCPE). Les sommes y sont bloquées au moins 5 ans. C'est un placement à court ou moyen terme.

Le PER d'entreprise collectif (appelé PERECO ou PERECOL) a remplacé le Perco, qui ne peut plus être mis en place depuis le 1er octobre 2020. Il est bloqué jusqu'à la retraite : vous récupérez l'épargne au plus tôt à la date où vous obtenez votre pension ou à l'âge légal de départ. Une entreprise peut proposer un PER collectif même sans PEE.

Les deux plans doivent être ouverts à tous les salariés, avec une condition d'ancienneté de 3 mois au maximum. Le règlement du PER collectif peut prévoir une adhésion automatique : vous avez alors 15 jours pour la refuser. Sauf choix contraire de votre part, le PER collectif est géré en gestion pilotée, avec le profil « équilibré horizon retraite » par défaut.


Intéressement et participation : placer ou encaisser

L'intéressement est une prime facultative liée aux performances de l'entreprise. La participation redistribue une partie des bénéfices ; elle est obligatoire dans les entreprises d'au moins 50 salariés. En 2026, chacune est plafonnée à 36 045 € par salarié (75 % du PASS de 48 060 €).

Quand l'entreprise vous informe du montant, vous avez 15 jours pour demander le versement immédiat de tout ou partie. Sans réponse :

  • l'intéressement est placé automatiquement sur le PEE (ou le PEG, le PEI) s'il existe ; vous pouvez aussi choisir le PER collectif ;
  • la participation est affectée pour moitié au Perco ou au PER collectif s'il en existe un dans l'entreprise ; l'autre moitié est placée selon les conditions prévues par l'accord de participation.

Dans tous les cas, ces primes sont exonérées de cotisations salariales mais supportent la CSG et la CRDS au taux de 9,70 %, dès le premier euro, sans l'abattement de 1,75 %. La différence se joue sur l'impôt : encaissées, elles sont imposables avec vos salaires ; placées sur un PEE ou un PER collectif dans les 15 jours, elles sont exonérées d'impôt sur le revenu dans la limite de 36 045 € en 2026, à condition de rester bloquées pendant la durée du plan (hors cas de déblocage autorisés). Sur un PER collectif, les sommes d'épargne salariale versées à partir de 70 ans ne sont plus exonérées (règle en vigueur depuis le 1er janvier 2026, article 163 quinvicies du code général des impôts).


L'abondement de l'employeur : plafonds 2026

L'abondement est le versement que l'entreprise ajoute au vôtre. Son existence et son taux sont fixés par le règlement du plan : rien ne l'oblige à en verser. Quand il existe, la loi le limite au triple de votre versement et à un plafond annuel :

  • PEE : 8 % du PASS, soit 3 844,80 € en 2026. Le plafond monte à 6 920,64 € si vous investissez en actions de l'entreprise ;
  • PER collectif : 16 % du PASS, soit 7 689,60 € en 2026.

L'abondement est exonéré d'impôt sur le revenu dans ces limites, mais la CSG et la CRDS (9,70 %) sont prélevées au moment où il est affecté au plan.

Vos versements volontaires sur un PEE sont plafonnés à 25 % de votre rémunération annuelle brute, et ils ne sont pas déductibles de votre revenu. Sur un PER collectif, ils ne sont pas plafonnés et sont déductibles dans la limite de votre plafond d'épargne retraite. Attention : l'abondement reçu sur un PER collectif, pour sa part exonérée, réduit ce plafond de déduction. Le calcul est détaillé dans notre article sur la déduction PER et son plafond.


Exemple : 2 000 € d'intéressement à 3 000 € brut par mois

Camille a 34 ans et gagne 3 000 € brut par mois (36 000 € par an). Son entreprise propose un PEE et un PER collectif. Hypothèses : une prime d'intéressement de 2 000 € brut, et un règlement du PER collectif qui prévoit un abondement de 100 % des sommes versées, dans la limite de 1 000 € par an.

  • Versement immédiat : 2 000 € moins 9,70 % de CSG-CRDS (194 €) = 1 806 € sur son compte. La prime s'ajoute à ses salaires imposables de l'année pour 1 864 € (2 000 € moins la CSG déductible de 6,8 %).
  • Placement sur le PER collectif : les mêmes 1 806 € sont investis, sans impôt sur le revenu. L'abondement de 1 000 € brut (le versement de Camille dépasse 1 000 €, et 1 000 € reste sous le triple de son versement et sous 7 689,60 €) supporte 97 € de CSG-CRDS : 903 € sont ajoutés. Total investi : 2 709 €.

Le placement apporte donc 903 € de plus dès le départ, et évite l'impôt sur la prime. En supposant un rendement de 4 % par an net de frais pendant 30 ans, jusqu'à 64 ans, les 2 709 € deviendraient environ 8 786 €. En sortie en capital, la part issue de l'intéressement et de l'abondement n'est pas imposée ; seuls les gains (6 077 €) supportent les prélèvements sociaux, soit 1 130 € au taux actuel de 18,6 % (en supposant qu'il ne change pas). Camille récupérerait environ 7 656 €, sans impôt sur le revenu.

Le même raisonnement vaut pour le PEE, avec un abondement plafonné plus bas et un blocage de 5 ans au lieu de la retraite. Le PEE convient mieux si l'argent doit servir à un projet avant la retraite, par exemple l'achat de la résidence principale.


Blocage et cas de déblocage anticipé

Les sommes du PEE sont bloquées au moins 5 ans, mais peuvent être débloquées plus tôt, notamment dans les cas suivants :

  • mariage ou Pacs ; naissance ou adoption d'un 3e enfant ; divorce, séparation ou dissolution d'un Pacs avec la garde d'au moins un enfant ;
  • violences conjugales ; invalidité ou décès du salarié, de son époux ou partenaire de Pacs (invalidité des enfants aussi) ;
  • rupture du contrat de travail, fin de mandat social, création ou reprise d'entreprise ;
  • achat, construction ou agrandissement de la résidence principale, remise en état après une catastrophe naturelle, rénovation énergétique ;
  • surendettement, activité de proche aidant, achat d'un véhicule électrique ou à hydrogène ou d'un vélo à assistance électrique neuf.

La demande doit être faite dans les 6 mois qui suivent l'événement, sauf pour la rupture du contrat de travail, le décès, l'invalidité, les violences conjugales, le surendettement et l'activité de proche aidant, qui permettent une demande à tout moment.

Le PER collectif est beaucoup plus fermé. Le déblocage anticipé n'est possible qu'en cas de décès du conjoint ou partenaire de Pacs, d'invalidité de 2e ou 3e catégorie (du titulaire, de ses enfants, de son conjoint), d'affection grave, de handicap ou d'accident d'une particulière gravité chez un enfant à charge, de surendettement, de fin des droits au chômage (ou de cessation d'un mandat social depuis au moins 2 ans, sans contrat de travail), de liquidation judiciaire d'une activité non salariée, et pour l'achat de la résidence principale.


Fiscalité à la sortie

PEE : à l'échéance comme en cas de déblocage anticipé autorisé, les sommes retirées sont exonérées d'impôt sur le revenu. Seuls les gains supportent les prélèvements sociaux, calculés et retenus par le gestionnaire. En 2026, le taux général est de 18,6 % ; des taux historiques s'appliquent aux gains issus de versements faits avant le 1er janvier 2018.

PER collectif, pour l'épargne salariale exonérée (intéressement, participation, abondement) :

  • en capital : les versements et les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu ; les gains supportent les prélèvements sociaux ;
  • en rente viagère : la rente est imposée comme une rente viagère à titre onéreux, sur une fraction qui dépend de votre âge au premier versement (40 % entre 60 et 69 ans), et cette fraction supporte les prélèvements sociaux de 18,6 %.

Ce régime est celui de la doctrine fiscale publiée au BOFiP (BOI-ANNX-000513 et BOI-RSA-ES-10-40-10), qui exonère d'impôt sur le revenu les versements et les gains issus de l'épargne salariale exonérée (article 81, 4° bis-b du code général des impôts). La fiche Service Public sur le PER mentionne de son côté un prélèvement forfaitaire sur ces gains : nous suivons le BOFiP, sur lequel le contribuable peut s'appuyer face à l'administration.

Vos versements volontaires sur le PER collectif suivent une autre règle : s'ils ont été déduits, le capital correspondant est imposé au barème à la sortie et les gains au prélèvement forfaitaire de 31,4 %. Notre comparatif PER ou assurance-vie détaille ce mécanisme.


Transferts et frais

Du PEE vers le plan retraite : la fiche officielle sur les transferts prévoit qu'un salarié peut transférer son PEE vers un Perco sans quitter l'entreprise, et que ce transfert peut ouvrir droit à abondement. Elle ne traite pas explicitement du PER collectif : vérifiez dans le règlement de votre plan que le transfert depuis le PEE est prévu, et s'il est abondé. Les sommes transférées deviennent bloquées jusqu'à la retraite.

Du PER collectif vers un autre PER : possible à tout moment après votre départ de l'entreprise, et une fois tous les 3 ans si vous y êtes encore. Le transfert est gratuit après 5 ans de détention ; avant, les frais sont limités à 1 % de l'encours. Il doit être réalisé en 3 mois au maximum.

Frais de gestion : sur un PEE, l'entreprise prend obligatoirement en charge les frais de tenue de compte-conservation (ouverture du compte, relevé annuel...), selon les modalités du règlement. Sur un PER collectif, les frais de gestion sont payés par l'employeur tant que vous travaillez dans l'entreprise. Après votre départ, un ancien salarié qui continue d'alimenter son Perco ou PER collectif ne reçoit plus d'abondement et paie seul les frais de gestion ; pour le PEE, le document remis au départ précise si les frais de tenue de compte restent à la charge de l'entreprise. Les frais d'un déblocage exceptionnel sont à la charge du salarié, sauf si l'accord prévoit que l'employeur les paie.


Comment l'intégrer à votre épargne retraite

  • 1. Lisez le règlement de vos plans : le taux et le plafond d'abondement décident de presque tout. Placer au moins la somme qui déclenche l'abondement maximal permet de recevoir tout l'abondement prévu par l'entreprise.
  • 2. Répondez dans les 15 jours : sans réponse, l'intéressement va sur le PEE et la moitié de la participation sur le plan retraite, pas forcément là où vous le souhaitez.
  • 3. Gardez une épargne disponible à côté (livret A à 1,7 %), car le PER collectif ne se débloque pas pour un imprévu ordinaire.
  • 4. Complétez avec un PER individuel si vous êtes fortement imposé, et avec un PEA ou une assurance-vie pour l'épargne que vous voulez garder accessible.

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Questions fréquentes

L'intéressement placé sur un PEE est-il imposable ?

Non, s'il est placé dans les 15 jours suivant son versement : il est exonéré d'impôt sur le revenu dans la limite de 36 045 € en 2026 et vous n'avez pas à le déclarer. La CSG et la CRDS (9,70 %) restent prélevées. Si vous retirez l'argent avant la fin du blocage hors cas autorisé, les sommes deviennent imposables.

Quel est le plafond d'abondement en 2026 ?

Sur un PEE, 3 844,80 € par an (8 % du PASS), porté à 6 920,64 € en cas d'investissement en actions de l'entreprise. Sur un PER collectif, 7 689,60 € par an (16 % du PASS). Dans les deux cas, l'abondement ne peut pas dépasser le triple de votre propre versement, et c'est le règlement du plan qui fixe s'il existe et à quel taux.

Peut-on débloquer son PER collectif pour acheter sa résidence principale ?

Oui. L'achat de la résidence principale fait partie des cas de déblocage anticipé du PER collectif, avec le décès du conjoint ou partenaire de Pacs, l'invalidité, l'affection grave, le handicap ou l'accident grave d'un enfant à charge, le surendettement, la fin des droits au chômage (ou la cessation d'un mandat social depuis au moins 2 ans) et la liquidation judiciaire d'une activité non salariée. Le PEE, lui, se débloque aussi pour un agrandissement ou une rénovation énergétique de la résidence principale.

Que devient mon épargne salariale si je quitte mon entreprise ?

Vous la conservez. La rupture du contrat de travail est un cas de déblocage anticipé du PEE. Le PER collectif peut être transféré vers le PER de votre nouvel employeur ou vers un PER individuel, gratuitement après 5 ans de détention. Sur le PER collectif, un ancien salarié ne reçoit plus d'abondement et paie lui-même les frais de gestion.

Les gains de l'épargne salariale sont-ils taxés à la sortie ?

Ils sont exonérés d'impôt sur le revenu, sur le PEE comme en sortie en capital d'un PER collectif pour la part issue de l'intéressement, de la participation et de l'abondement. Ils supportent en revanche les prélèvements sociaux, au taux général de 18,6 % en 2026.