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Investir en ETF avec des versements programmés pour préparer sa retraite

Épargne et placementsMis à jour le Lecture 8 minChiffres 2026

L'essentiel

  1. Un ETF (ou tracker) est un fonds indiciel coté qui cherche à reproduire l'évolution d'un indice. Selon l'AMF, les ETF d'actions ont facturé en moyenne 0,33 % de frais annuels en 2025, contre 1,32 % pour l'ensemble des fonds d'actions.
  2. Le capital n'est pas garanti : un ETF actions peut perdre de la valeur. L'AMF conseille de n'y placer que l'argent dont vous n'aurez pas besoin avant plusieurs années, après une épargne de précaution de 2 à 6 mois de revenus.
  3. En 2026, sur un PEA de plus de 5 ans, les gains ne supportent que 18,6 % de prélèvements sociaux ; sur un compte-titres, la plus-value est taxée à 31,4 %.
  4. Exemple : 200 €/mois pendant 30 ans, en supposant 5 % par an avant frais, donnent environ 154 500 € avant impôts avec 0,33 % de frais et 130 200 € avec 1,32 %. Ce rendement est une hypothèse, pas une promesse.
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Acheter chaque mois des parts d'un ETF actions, sans chercher le bon moment, permet de se constituer un capital pour la retraite, avec un risque de perte en capital. Les règles et les statistiques citées viennent de l'AMF et de l'administration, à jour de 2026 ; l'exemple chiffré repose sur nos propres hypothèses de calcul. Cette page ne recommande aucun fonds ni aucun établissement.


Qu'est-ce qu'un ETF selon l'AMF ?

Pour l'Autorité des marchés financiers, un ETF, ou tracker, est un fonds indiciel coté dont l'objectif est de reproduire l'évolution d'un indice. Les indices d'actions sont les plus utilisés. L'ETF suit donc son indice à la hausse comme à la baisse : il ne cherche pas à faire mieux que le marché.

Comme il est coté, un ETF s'achète et se vend par un ordre de bourse. Détenu en direct, il est inscrit sur un compte-titres ordinaire ou sur un plan d'épargne en actions (PEA). Certains contrats d'assurance-vie et certains PER en proposent aussi parmi leurs supports.

Avant d'acheter, lisez le document d'informations clés (DIC) du fonds. Votre banque ou courtier en ligne doit vous le fournir gratuitement.


Risque de perte en capital : ce que dit le DIC

Investir en bourse, y compris par un ETF, comporte des risques liés à la fluctuation des marchés : ni le capital, ni le rendement ne sont garantis. L'AMF rappelle qu'il faut être prêt à perdre tout ou partie de l'épargne investie, et donc n'investir que des sommes dont on est certain de ne pas avoir besoin à court terme.

Le DIC affiche un indicateur de risque de 1 à 7. Le niveau 1 est le plus faible, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas de risque. L'AMF cite l'exemple d'un fonds investi en actions de pays émergents, qui sera souvent classé 6 ou 7.

Pour les unités de compte risquées d'une assurance-vie, l'AMF recommande de n'y placer que l'argent que vous êtes sûr de pouvoir bloquer pendant plusieurs années, au moins 5 ans.


Diversifier avec un ETF

Dans une étude sur l'investissement de long terme en actions, l'AMF jugeait raisonnable de :

  • ne pas placer l'intégralité de son épargne de long terme en actions ;
  • diversifier la part investie en actions au niveau international ;
  • effectuer des investissements réguliers, pour diminuer le risque d'investir juste avant une baisse importante du marché.

Attention au PEA : il n'accueille que les fonds investis à plus de 75 % en actions de sociétés de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen. Le nom de l'ETF ou de son indice ne suffit pas : le descriptif du titre indique s'il est éligible au PEA.


Les frais : frais courants, courtage, droits de garde

Un fonds prélève chaque année des frais de fonctionnement et de gestion. Selon la Lettre de l'Observatoire de l'épargne de l'AMF d'avril 2026, en 2025 :

  • les ETF répliquant des indices d'actions ont affiché des frais annuels moyens de 0,33 % (0,36 % en 2024) ;
  • les fonds d'actions indiciels non cotés, 0,75 % ;
  • l'ensemble des fonds d'actions, toutes catégories confondues, 1,32 % hors commissions de surperformance.

S'y ajoutent les frais de l'intermédiaire. Dans les banques de réseau, un ordre de 1 000 € passé par internet coûtait en moyenne 0,49 % dans un PEA et 0,65 % dans un compte-titres en janvier 2026. L'AMF relève aussi que certains intermédiaires en ligne ne facturent pas les investissements faits dans le cadre d'un plan d'investissement programmé, gratuité souvent limitée aux ETF.

Dans un PEA, les frais sont plafonnés depuis le 1er juillet 2020 : ouverture 10 €, droits de garde 0,4 % de la valeur du plan plus 5 € au maximum par ligne de titres cotés, ordre de bourse 0,5 % s'il est passé en ligne et 1,2 % sinon. Ces plafonds ne couvrent pas les frais de gestion prélevés par la société de gestion du fonds. En assurance-vie, les frais de gestion du contrat sur les unités de compte s'ajoutent aux frais de l'ETF.


Les versements programmés en pratique

Vous fixez un montant et une fréquence, et la somme est investie automatiquement. L'AMF indique que ce système existe sur la plupart des contrats d'assurance-vie et des PEA ; les versements volontaires sur un PER peuvent aussi être programmés.

Investir la même somme à prix variable fait acheter plus de parts quand le prix baisse. Exemple purement illustratif : 100 € par mois pendant 3 mois, à 50 €, puis 40 €, puis 50 € la part. Vous obtenez 2 + 2,5 + 2 = 6,5 parts pour 300 €, soit un prix de revient de 46,15 € par part, un peu sous la moyenne des trois prix (46,67 €). Selon l'AMF, l'investissement programmé réduit le risque de démarrer « au mauvais moment » et lisse les fluctuations d'un placement en actions. Il ne protège pas d'une perte si le marché est bas au moment où vous vendez.

Deux conditions avant de programmer : un budget équilibré, car l'AMF demande de ne pas se mettre à découvert, et une épargne de précaution de 2 à 6 mois de revenus disponible et sûre.


PEA, compte-titres, assurance-vie ou PER : éligibilité et fiscalité 2026

  • PEA : ETF éligibles uniquement (plus de 75 % d'actions de sociétés de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen), 150 000 € de versements au maximum. Les gains réinvestis dans le plan ne sont pas imposés. Après 5 ans, les gains retirés sont exonérés d'impôt sur le revenu mais supportent 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026. Avant 5 ans, le retrait clôture en principe le plan et le gain est taxé à 12,8 % plus les prélèvements sociaux.
  • Compte-titres ordinaire : tous les ETF, sans plafond ni contrainte de retrait. Les dividendes et les plus-values sont imposés. En 2026, la plus-value est soumise au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), ou au barème sur option.
  • Assurance-vie : les ETF proposés comme unités de compte, selon la liste propre à chaque contrat. Après 8 ans, abattement de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains retirés, puis 7,5 % d'impôt jusqu'à 150 000 € de primes versées, 12,8 % au-delà. Les prélèvements sociaux restent à 17,2 %.
  • PER individuel : un PER bancaire prend la forme d'un compte-titres, un PER d'assurance propose des unités de compte. Sauf mention contraire de votre part, l'épargne est placée en gestion pilotée, profil « équilibré horizon retraite ». Les versements faits avant 70 ans sont en principe déductibles du revenu imposable, dans un plafond détaillé dans notre article sur la déduction PER ; à la sortie en capital, les versements déduits sont imposés au barème et les gains à 31,4 %.

Ces taux sont ceux de 2026. Ils peuvent changer d'ici votre retraite, comme les prélèvements sociaux l'ont fait au 1er janvier 2026.


Exemple chiffré : 200 € par mois pendant 30 ans

Thomas, 35 ans, programme 200 € par mois sur un ETF actions jusqu'à 65 ans, soit 360 versements et 72 000 € versés. Hypothèses : ETF de capitalisation, qui réinvestit les dividendes au lieu de les distribuer ; l'indice, dividendes réinvestis, progresse de 5 % par an, de façon constante ; les frais courants sont retranchés de ce rendement ; versement en début de mois, rendement converti en taux mensuel équivalent ; pas de frais de courtage ni de droits de garde ; règles fiscales de 2026 inchangées ; sortie en une seule fois à 65 ans. Ces 5 % sont une hypothèse de calcul, pas une prévision ni une promesse. Le résultat réel peut être très différent, y compris inférieur aux sommes versées.

  • Avec 0,33 % de frais (moyenne des ETF actions en 2025) : environ 154 491 €, dont 82 491 € de gains.
  • Avec 1,32 % de frais (moyenne de l'ensemble des fonds d'actions en 2025) : environ 130 160 €, dont 58 160 € de gains.
  • Écart dû aux seuls frais : environ 24 300 €.

Ce que coûte la sortie, sur le capital de 154 491 € :

  • PEA de plus de 5 ans : 82 491 × 18,6 % = 15 343 € de prélèvements sociaux. Reste 139 148 €.
  • Compte-titres : 82 491 × 31,4 % = 25 902 €. Reste 128 589 €.
  • Assurance-vie de plus de 8 ans, personne seule : 82 491 × 17,2 % = 14 189 € de prélèvements sociaux, plus 7,5 % × (82 491 − 4 600) = 5 842 € d'impôt, soit 20 030 €. Reste 134 461 €, avant les frais de gestion du contrat, qui réduiraient ce montant.

En appliquant la règle des 4 % au capital net du PEA, on obtient environ 5 566 € par an, soit 464 € par mois. Ce revenu n'est pas garanti : il donne un ordre de grandeur du complément à la pension.

Questions fréquentes

Un ETF peut-il perdre de l'argent ?

Oui. Un ETF reproduit son indice à la hausse comme à la baisse, et ni le capital ni le rendement ne sont garantis. Son DIC indique un niveau de risque de 1 à 7.

Combien coûte un ETF par an ?

En 2025, 0,33 % en moyenne pour les ETF d'actions, selon l'AMF. Il faut y ajouter les frais de courtage, d'éventuels droits de garde et, en assurance-vie, les frais de gestion du contrat.

Tous les ETF sont-ils éligibles au PEA ?

Non. Le PEA n'accueille que les fonds investis à plus de 75 % en actions de sociétés de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen. Le descriptif du titre indique s'il est éligible. Un ETF non éligible peut être détenu sur un compte-titres ordinaire.

Les versements programmés évitent-ils les pertes ?

Non. Selon l'AMF, ils réduisent le risque de démarrer au mauvais moment et lissent les fluctuations, mais la valeur de votre épargne dépend toujours du niveau du marché le jour où vous vendez.

Quel est l'impôt sur un ETF détenu sur un compte-titres en 2026 ?

La plus-value est soumise au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Vous pouvez opter pour le barème progressif, les prélèvements sociaux de 18,6 % restant dus.